Pragmata : j’ai envie de continuer, alors je traîne
Je sais où je dois aller dans Pragmata. Le jeu me montre l’objectif, je pourrais y aller, et pourtant dès qu’il me laisse un peu respirer je commence à traîner.
Je retourne au refuge. Je cherche les jouets. Je reste parfois là à regarder Diana alors que je n’ai rien de particulier à faire. Même l’écran-titre peut me retenir parce que Hugh et elle y parlent, rigolent, vivent leur petite vie pendant que moi, techniquement, je suis censé lancer le jeu.
Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite. C’est en voyant à quel point je retardais le départ que j’ai compris que je faisais ça régulièrement.
Et pourtant, j’ai vraiment envie de connaître la suite.
Le refuge où je ne fais (presque) rien
C’est probablement là que ça se voit le plus.
Je peux y passer du temps sans améliorer quoi que ce soit ni préparer spécialement la suite. Je regarde Diana. C’est un peu con écrit comme ça, mais c’est ce que je fais.
Les jouets ont fini par fonctionner de la même manière. Je les cherche parce qu’ils sont là, bien sûr, mais surtout parce que je veux voir sa réaction. L’objet lui-même devient presque secondaire.
Je pourrais très bien les laisser de côté. Mais dès que j’en vois un, j’ai envie de savoir ce qu’elle va faire avec.
Même en dehors du refuge
Hors du refuge, Hugh et Diana fonctionnent presque comme une seule unité.
Elle pirate, elle prévient Hugh, elle donne des indications pendant les combats qui me servent réellement. Et quand ça se passe mal, elle est encore là au lieu de laisser simplement place à un écran d’échec.
Il y a eu un moment qui m’a fait sourire dans une arène. En entrant, je me suis tout de suite dit qu’un combat allait nous tomber dessus. Le genre de pièce où tu le sens immédiatement.
Quelques instants plus tard, Hugh et Diana arrivent à la même conclusion.
Ça n’avait rien de spectaculaire. J’avais juste l’impression d’avoir lu la pièce exactement comme eux.
Il y a aussi cet échange où Diana demande à Hugh si elle lui est vraiment utile. Sa réponse ne laisse pas beaucoup de doute : sans elle, il ne ferait probablement pas long feu.
Hugh dit aussi qu’il s’ennuierait sans Diana.
Moi aussi.
Je traîne
C’est là que ça devient un peu idiot.
Plus j’avance, plus je passe du temps avec eux. Mais forcément, plus j’avance, plus je me rapproche aussi du moment où il n’y aura plus de jeu à continuer.
Du coup, je grappille.
Un détour. Un retour au refuge. Un jouet que je vais chercher alors que rien ne m’y oblige. Quelques minutes à ne pas faire grand-chose.
Je n’ai jamais décidé de jouer comme ça. Je m’en suis aperçu en le faisant.
Je n’ai toujours pas terminé le jeu. Je sais très bien où aller.
Je traîne encore.