South of Midnight : la chanson arrive quand le monstre cesse d’en être un
Ce qui m’est resté de South of Midnight, ce ne sont pas vraiment ses combats. Ce sont surtout certains moments où la musique arrive et où je ne regarde plus la créature de la même manière.
Au début, le jeu présente souvent quelque chose d’énorme, d’étrange, parfois franchement inquiétant. Je le regarde comme un monstre, ou au moins comme une menace.
Puis il commence à raconter ce qu’il y a derrière.
Altamaha-Ha
Le marais autour d’Altamaha-Ha est probablement l’exemple qui me revient le plus facilement.
Au départ, je vois surtout une présence énorme qui occupe tout l’espace. Puis la scène se remplit d’autre chose : une mère, un enfant, une perte, et des retrouvailles qui ne peuvent pas être simples après ce qui s’est passé.
À ce moment-là, la musique ne sert pas juste à rendre la scène plus belle. Elle arrive pendant que mon regard change.
Je ne vois plus seulement une créature.
Je vois ce qui lui est arrivé.
Ça me l’a fait plusieurs fois
Le jeu recommence ce mouvement avec d’autres figures.
Le Rougarou redevient humain. Molly finit par me faire comprendre autre chose que l’image d’une créature qui enlève des enfants. Two-Toed Tom aussi porte quelque chose que des humains ont fabriqué autour de lui.
Ce ne sont pas les mêmes histoires, et je ne les ai pas retenues exactement de la même manière. Mais chaque fois, le folklore finit par laisser passer quelque chose de beaucoup plus humain.
Et les chansons arrivent souvent à ce moment-là.
C’est pour ça qu’elles me sont restées.
Pas parce que je me suis dit en jouant : « quelle bande-son incroyable ». Je les ai surtout gardées avec les scènes qu’elles accompagnaient.
Ce qui me revient aujourd’hui
Quand je repense à South of Midnight, je me rappelle plus facilement une chanson et ce qu’elle accompagnait qu’un combat précis.
La musique me ramène à Altamaha-Ha, à Molly, au Rougarou, à Two-Toed Tom. Pas seulement à leur apparence, mais à ce que j’avais fini par comprendre d’eux.
Au final, c’est surtout ça qui me revient du jeu : le moment où j’arrêtais de les regarder seulement comme des monstres.